Valérie Manteau, la lauréate surprise – et contestable ? – du Renaudot 2018 !

Ce 7 novembre a été révélé le nom du lauréat du prix Renaudot 2018 qui, à la surprise générale, entre les quatre auteurs en lice…est une lauréate, en la personne de Valérie Manteau !

Un prix qui, à nos yeux, porte à polémique quant aux critères finalement retenus par les membres du jury.

Éliminée de la liste des auteurs pouvant prétendre au prix Renaudot 2018, dès la seconde sélection, Valérie Manteau réapparaît, soudainement, pour endosser l’habit de lauréate annoncée, avant même 13h, ce mercredi 7 novembre, au restaurant Drouant (près de l’Opéra de Paris – France) !

Autant dire que personne ne pouvait parier même un bouton (de manteau, bien sûr) sur cette jeune écrivaine de 33 ans dont « Sillon » – son livre récompensé – n’est que le deuxième. Après « Calme et tranquille », sorti en 2016. D’autant que si les membres du jury du prix Renaudot ont déjà été capable, une fois, de remettre le prix à un auteur qui n’avait même pas été pré-sélectionné (Daniel Pennac pour « Chagrin d’école », en 2017), il n’y avait pas la moindre raison de penser qu’un auteur et son livre, éliminés de la sélection au second tour, se retrouverait, subitement, l’heureux gagnant de ce si prestigieux prix littéraire, d’autant que très rares étaient les spécialistes qui n’étaient pas certains de voir David Diop le recevoir (y compris nous concernant, bien qu’ayant préféré « les belles ambitieuses » de Stephane Hoffmann).

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« Sillon » est sorti le 30 août 2018 aux Editions « Le tripode »

Pour ce qui est de l’histoire du roman «sillon », il s’agit, au travers de ce qui commence comme une « simple histoire d’amour » où une femme quitte Paris pour rejoindre son amant à Istambul, de traiter de politique turque, puisque l’héroïne va enquêter sur la disparition – l’assassinat – du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink par un jeune turc àgé de seulement 17 ans, le 19 janvier 2007 devant les locaux du journal pour lequel il travaillait, du nom de « Agos » (« Sillon » en turc). Le sujet et la préoccupation de Valérie Manteau ne surprend pas quand on sait que, elle-même journaliste, elle fut chroniqueuse chez « Charlie Hebdo », dont elle partie après l’assassinat/attentat de ses journalistes, en 2013 (son premier roman traitant du souvenir de ses collègues de Charlie Hebdo, tués par les terroristes musulmans).

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N’ayant pas eu l’occasion de lire ce roman, nous ne pouvons dire si ce prix est mérité même si nous en doutons, déjà du fait qu’il fit parti des huit ouvrages éliminés de la seconde liste du titre 2018, craignant même que ce soit pour des raisons « politiques » – puisque quatre des dix membres du jury ne sont, ni plus ni moins que journalistes eux-même – et qu’ils aient voulu, à la fois, rendre hommage à un confrère assassiné par un fanatique, profitant de l’occasion pour montrer leur soutien à leur consœur, et ce d’autant que ce même jury a également remis, exceptionnellement remis un « prix spécial » à Philippe Lançon, lui aussi journaliste à « Charlie Hebdo » et qui reçu une balle dans le bas du visage lors de l’attentat sus-nommé.

Christian Estevez

Crédit photos : éditions « Le tripode » – site officiel

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