La sélection de Papicha pour les Oscar met en lumière la raison sombre de l’annulation de la projection du film en Algérie.

Un doute persiste sur la raison exacte de l’annulation. Est-elle due au contexte particulier de cette année mouvementé en Algérie, ou pour une raison propre aux différentes scènes tirées du film, ou encore est-ce le sujet de « la décennies noir » qui reste un tabou ?

Nous avons recueilli et puissé l’avis des différentes actrices afin de « lever le voile » sur la raison obscure et mystérieuse de cette annulation.

Le constat visible et frustrant est que, sans aucune explication, les autorités algérienne ont annulé l’avant-première du film pourtant prévue le 21 septembre à Alger.

Au-delà des réactions des contributrices au films toute, passionnées par la cause,  on peut constater que certaines sont très engagées dans le mouvement révolutionnaire que connaît l’Algérie depuis le 22 février. Cela s’ajoute à la puissance évocatrice et émotionnelle du film, puisque la réalisatrice, Mounia Meddour, ce projet cinématographique ayant germé dans sa tête depuis plus de quinze ans.

La direction hésite encore pour savoir s’il est question de censure à propos du passé algérien, souhaitant s’abstenir de révéler au grand jour la violente et douloureuse « décennies noir », ou d’une autre raison.

Par exemple citée par Le Parisien, Mounia Meddour, réalisatrice du film estime que revenir sur « la décennie noire » est un élément dérangeant en Algérie. « Mais il est également aisé d’observer que la situation politique a joué un rôle clivant », rajoute t-elle.

« On n’a plus aucun contact avec le ministère de la Culture. Depuis la démission de la ministre (Meriem Merdaci), de nombreux événements culturels ont été annulés en Algérie. Les infrastructures censées soutenir ces événements sont insuffisantes. »

Les comédiennes sont pourtant ravies, aux anges, car le film a bien été sélectionné et retenu pour la course aux Oscars. Malgré tout, elles s’interrogent chacune à leurs tour.

“On ne sait pas si c’est lié à la situation en Algérie ou s’il s’agit de mesures de sécurité pour nous protéger”, s’inquiète pour sa part la comédienne Lyna Khoudri qui interprète brillamment Nedja, (propos recueilli par Brut).  “Est-ce que c’est le contenu du film ? Est-ce que c’est l’image ? On ne sait absolument pas. C’est encore plus frustrant de ne pas savoir pourquoi les Algériens ne peuvent pas voir un film qui parle d’eux, de leur survie, de leur espoir. C’est assez injuste”, pense de son côté Shirine Boutela, autre comédienne.

Tandis que pour Adila Bendimerad, autre héroïne, engagée dans le mouvement populaire que connaît l’Algérie, « la censure de Papicha est arbitraire, ridicule, contradictoire, incohérente, violente, à l’image de ce que les responsables corrompus et « à-plat-ventristes » ont toujours fait subir au pays, et depuis des années au cinéma émergent. Ils sont une coquille vide de sens. Il faut qu’ils partent. »

Elle conclut de manière toute à la fois songeuse et remplie d’espoir « Les « papichettes », elles sont pleines de sens, de vie, d’énergie et d’intelligence. »

Normalement, pour pouvoir être présenter à la sélection des Oscars, il faut avoir à son compte au minima une semaine de représentation, mais au vu que aucune explication officielle n’a été donné, le film est malgré tout en lice pour les oscars.

La censure n’ayant gagné, et ce contretemps mettant en évidence, de plus belle, les intérêts historiques du film et l’hymne à la liberté qu’il constitue.

Audrey Gym.

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