Critique littéraire : «Alias Janna », de Milena Makarius.

Dans la série de publications de la mise en ligne de la totalité des critiques littéraires qui, jusqu’à présent, n’étaient disponibles que dans les numéros papier de « FemmeS du Monde magazine », afin de donner une sérieuse plus-value à notre mensuel, c’est au tour de l’auto fiction « Alias Janna », par Milena Makarius, de vous être proposé.

Présentation d’autant plus importante, à nos yeux, que cet ouvrage est sorti l’avant-veille du confinement en France, dû à la pandémie de Covid 19, le privant d’une mise en lumière d’autant plus méritée qu’il est, pour nous, l’un des tous meilleurs ouvrages littéraires du premier trimestre 2020 !

Du fait de la difficulté à se procurer les numéros papier, dont nous a fait part une grande partie de notre lectorat – et en attendant de pouvoir vous les proposer en version numérique téléchargeable directement à partir d’une page spécifique de notre site internet -, nous avons pris la décision de vous offrir l’occasion de lire les critiques littéraires publiées jusqu’au numéro de mars 2020, et ce dans un ordre totalement aléatoire vis à vis de la chronologie de parution.

Titre : « Alias Janna »

Autrice : Milena Makarius

220 pages – Éditeur : Anna Carrière

Genre : Roman – autofiction

Date de sortie France : 13 mars 2020

Résumé :

Alias Janna est le récit d’une découverte effrayante que fait l’auteure en 2014 dans les archives de la police secrète bulgare alors qu’elle accompagne sa fille qui réalise un documentaire sur ses origines. Cette révélation oppose la mère et la fille dans un conflit de générations à la recherche de la vérité et du passé. Coincée entre la fiction politique et la fable cinématographique qui la met au pied du mur, Milena Makarius remonte le fil de son histoire qui est à la fois la sienne et celle de son double au nom de code Janna. Elle donne voix aux fantômes du passé qui la conduisent à mesurer la loi du mensonge et du silence imposée par le régime totalitaire. Récit implacable où le réel sert la fiction – et la fiction, le réel. Née en Bulgarie, Milena Makarius vit en France depuis 25 ans. Maître de conférences en littérature, elle consacre son temps entre le dessin, la peinture et l’écriture.

Notre Avis :

Faire de l’autofiction sans tomber dans une pseudo-réalité et une fausse fiction est un exercice que très peu d’auteurs réussissent – ce qui fait de la quasi totalité des livres de ce genre du sous-produit littéraire, de la « littéréalité », véritable équivalent de la télé-réalité, raison pour laquelle nous en restons généralement éloigné.

Par chance pour nous, au moment de lire le résumé de « Alias Janna », notre cerveau a occulté l’information indiquant qu’il s’agissait de ce style littéraire que, à peu près, nous honnissons, nous ayant focalisé sur l’intrigue.

Car « Alias Janna » est si bien pensé, construit, écrit, que nous sommes, là, en présence d’un quasi chef d’œuvre ! Et cela, non seulement par la double mise en abîme du processus de création (et de création du réel, même), par ce récit rétrospectif qui est le livre racontant l’histoire de l’auto-documentaire que la fille de l’auteure réalise sur sa mère, présentant le documentaire qui se fait, le film terminé, le livre qui se fait et qui se termine, mais bien plus encore par la capacité de recul vis à vis de sois-même dont fait preuve Milena Makarius, auquel il faut ajouter l’éclairage réalisé sur la Bulgarie de l’époque de la dictature communiste et, – pour nous, le plus essentiel -, cette démonstration du totalitarisme qu’est celui de notre époque, jugeant le passé à l’aune, non pas de son propre temps, mais, en réalité, de son égocentrisme, forcément ignorant, purement manichéen, confondant les faits et la réalité de la vie – et donc de la complexité de toute chose, que seuls les fanatiques nient.

D’autres thématiques sont, bien sûr, abordées dans « Alias Janna », mais ce livre est bien trop profond pour le sonder en quelques lignes d’une critique. La seule chose vraiment à faire est donc bien, tout simplement, de le lire !

Christian Estevez

N.B. : La critique de « alias Janna » est également disponible dans le dossier spécial rentrée littéraire d’hiver 2020, partie 2/2, du numéro de février 2020.

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