Cécile Rol-Tanguy, grande figure de la Résistance, est décédée !

L’héroïne de la Résistance Cécile Rol-Tanguy est décédée vendredi 8 mai à l’âge de 101 ans, a indiqué sa famille dans un communiqué transmis à l’AFP.

Elle était la veuve du colonel Henri Rol-Tanguy, l’un des principaux acteurs de la Libération de Paris, mort en 2002. Cécile Rol-Tanguy était née le 10 avril 1919, fille unique d’un ouvrier électricien, militant communiste et résistant mort à Auschwitz en 1943, et d’une femme au foyer également résistante. 

Elle est décédée à la mi-journée de ce vendredi 8 mai (jour de commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale) « à son domicile de Monteaux (Loir-et-Cher) », précise le communiqué. « Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944 », poursuit le texte.

«Porteuse des plus hautes distinctions de la République (Grand Officier de la Légion d’honneur, Grand Croix dans l’Ordre national du Mérite, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance), elle était emblématique de la place de femmes dans le combat contre Vichy et l’occupant nazi», salue sa famille. «Jusqu’à son dernier souffle, Cécile Rol-Tanguy témoignera de sa fidélité à l’utopie généreuse du communisme, à ses engagements de jeunesse pour la justice sociale et l’émancipation des femmes», ajoute le communiqué.

Avant le début de la guerre, en 1939, Cécile et Henry Tanguy se marient, alors qu’ils s’étaient rencontré au syndicat des Métaux CGT de Paris où Cécile était employée. 

Son père, François Le Bihan, est arrêté en avril 1940. Accusé d’avoir tenté de reconstituer le PCF alors dissous, il est écroué à la prison de la Santé, à Paris. Il sera déporté à Auschwitz où il mourra en 1942. Elle n’a aucune nouvelle de son mari, Henri Tanguy, mobilisé en 1939, affecté dans une usine d’armement près de la frontière pyrénéenne. Bientôt, leur petite fille de 7 mois, Françoise, tombe malade. Le bébé meurt le 12 juin, alors que les troupes allemandes entrent dans la capitale.

« Je n’avais plus rien, racontait-elle. Mon père avait été arrêté, mon mari, je ne savais pas où il était, et j’avais perdu ma petite fille. Qu’est-ce qui me retenait ? Je rentrais dans la Résistance. Ça m’a aidé. Ça m’a apporté quelque chose. » Contactée par la CGT, devenue clandestine, elle accepte de dactylographier des tracts et des articles pour des journaux de la Résistance. Lorsque son mari rentre à Paris, en octobre, elle devient son agente de liaison.

Couple emblématique de la Résistance, ils ont eu quatre enfants. Après quatre ans dans la clandestinité, le 18 août 1944 c’est elle qui tape l’ordre de l’insurrection parisienne dicté par son mari devenu le chef militaire des Forces Françaises de l’Intérieur d’Île-de-France, et qui aboutira huit jours plus tard à la Libération de la capitale.

Dans une interview en 2014, Cécile Rol-Tanguy déclare « je suis la représente des résistantes qui ont été oubliées ». Depuis la mort de son époux en 2002, c’est elle qui a repris le flambeau. D’école en école, de cérémonie en cérémonie, elle ne cesse d’entretenir la mémoire. « Je suis un peu étonnée de me retrouver là encore 70 ans après, mais c’est pour rappeler le souvenir de tous ceux et celles que j’ai connus et qui sont partis », explique-t-elle avec un sourire malicieux. Puis elle ajoute : « Cela m’émeut de voir qu’on a beaucoup oublié les femmes (…) Avec ma dernière nomination pour la Légion d’honneur, j’ai considéré que je représentais toutes les femmes qui n’avaient rien eu. »

Kevin Negalo

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