Critique littéraire : «La petite conformiste», d’Ingrid Seyman.

Dans la série de publications de la mise en ligne de la totalité des critiques littéraires qui, jusqu’à présent, n’étaient disponibles que dans les numéros papier de « FemmeS du Monde magazine », afin de donner une sérieuse plus-value à notre mensuel, c’est au tour du roman «La petite conformiste», par Ingrid Seyman, de vous être proposé.

« La petite conformiste »

Auteur : Ingrid Seyman

192 pages – Philippe Rey

Prix : 17€

Genre : Roman

Date de sortie : 22 août 2019

4ème de couverture :

Esther est une enfant de droite née par hasard dans une famille de gauche, à Marseille, au mitan des années 70. Chez elle, tout le monde vit nu. Et tout le monde – sauf elle – est excentrique.

Sa mère est une secrétaire anticapitaliste qui ne jure que par Mai 68. Son père, Juif pied-noir, conjure son angoisse d’un prochain holocauste en rédigeant des listes de tâches à accomplir. Dans la famille d’Esther, il y a également un frère hyperactif et des grands-parents qui soignent leur nostalgie de l’Algérie en jouant à la roulette avec les pois chiches du couscous. Mais aussi une violence diffuse, instaurée par le père, dont les inquiétantes manies empoisonnent la vie de famille.

L’existence de la petite fille va basculer lorsque ses géniteurs, pétris de contradictions, décident de la scolariser chez l’ennemi : une école catholique, située dans le quartier le plus bourgeois de Marseille.

Notre avis :

On a beau être journaliste, cela n’assure pas de devenir écrivain de talent. C’est, pourtant ce qui semble être bien parti pour Ingrid Seyman, avec ce premier roman « La petite conformiste ».

Du rythme, dans le récit et les dialogues savoureux (malgré qu’ils soient, des fois, dramatiques ou faussement amusants), en faisant parler cette enfant qui, née et vivant dans une famille nettement marquée à gauche et totalement hors des normes de la société, essaie d’échapper à cette dite famille qui, sous ses apparences « marrante » et extrêmement libre, est, en réalité, profondément dysfonctionnelle, bourrée de tabous, d’a priori, de règles idéologiques d’un autre genre. En réalité, Esther – l’héroïne -, n’est pas si conformiste que cela. Elle est plutôt en quête de paix.

Le langage fleurit qui sert la jeune Esther à décrire sa vie et le monde qui l’entoure donne le cachet de véracité à ce récit qui, si il fait rire, laisse toujours un goût amère – celui de la souffrance -, dans un récit qui s’achève de façon aussi inattendue que dramatique.

Tout cela en fait l’un des romans que nous classerions dans nos préférés de toute cette rentrée littéraire.

Note : 5/6 étoiles

Christian Estevez

N.B. : La critique de « La petite conformiste » est également disponible dans le dossier spécial grande rentrée littéraire 2019 partie 2/2, du numéro d’octobre 2020.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s