Critique littéraire : «Les filles du 17 Swann street», de Yara Zgheib.

Dans la série de publications de la mise en ligne de la totalité des critiques littéraires qui, jusqu’à présent, n’étaient disponibles que dans les numéros papier de « FemmeS du Monde magazine », afin de donner une sérieuse plus-value à notre mensuel, c’est au tour du roman «Les filles du 17 Swann street», par Yara Zgheib, de vous être proposé.

« Les filles du 17 Swann street » 

Auteur : Yara Zgheib

320 pages – JC Lattes

Prix : 22€

Genre : Roman

Date de sortie : 2 octobre 2019

4ème de couverture :

D’abord, c’était le chocolat. Puis le fromage, les frites, et aussi la glace. Le pain, ça n’avait pas été facile. Mais si elle pouvait maigrir encore un peu, elle aurait une chance d’être sélectionnée pour danser un solo. Oui, si elle faisait un peu plus d’efforts… elle serait peut-être enfin à la hauteur.

Quand Anna Roux quitte Paris et le ballet de l’Opéra pour suivre l’homme de sa vie aux États-Unis, elle n’imagine pas la solitude dans laquelle elle va se retrouver. Une solitude qui l’entraîne dans la spirale de l’anorexie mentale. Contrainte de se faire soigner, elle est admise au 17 Swann Street, une maison rose où des femmes aux visages fantomatiques s’efforcent de vaincre leurs troubles alimentaires. Il y a Emm, la cheffe du groupe ; Julia, toujours affamée ; ou la discrète et très perturbée Valérie. Ensemble, elles affrontent leurs démons et six repas quotidiens. Chaque calorie est un déferlement de culpabilité. Et chaque pas vers la guérison requiert une force et une bravoure peu communes, qu’Anna va devoir trouver en elle-même et auprès de ses amies du 17 Swann Street.

Notre avis :

Sorti en février dernier aux États-Unis, c’est auréolé du statut de « best seller » outre-atlantique que nous est arrivé, en cette grande rentrée littéraire française, « Les filles du 17 Swann Street », de Yara Zgheib, auteure née au Liban, ayant passé sa jeunesse en France, avant de partir dans « le monde anglo-saxon », tout d’abord à Glasgow (Écosse), puis pour les villes états-uniennes de Washington, Saint Louis et Boston.

Dans ce premier roman, intitulé « Les filles du 17 Swann Street », Yara Zgheib nous laisse percevoir, par sons style, sa façon d’aborder le sujet de l’anorexie, que l’on a bien à faire à une journaliste-blogueuse, direct, simple, sans grandes phrases, directement compréhensible…bref, efficace, et ce, malgré que l’autrice se permette de donner trois voies à la narration, à savoir :le « je » de l’héroïne, le « elle » d’un narrateur extérieur omnipotent, et le « neutre », du dossier médical, utilisant une police de caractère spécifique à chacune des voies de cette narration – où nous aurions, tout de même, trouvé plus logique de voir inversée l’écriture en italique pour le récit de la principale protagoniste et celle, dite « standard », pour le narrateur extérieur. Et, bien que vraiment dans la veine des « ouvrages de blogs », il y a un « petit truc en plus », dans l’écriture de Yara Sgheib qui lui apporte toute la « valeur ajoutée », nécessaire pour sortir du lot de cette catégorie d’ouvrages.

Pour ce qui est de l’histoire elle-même, le fait que ce roman soit dans notre présent dossier de la grande rentrée littéraire 2019 est la preuve que nous l’avons trouvée vraiment intéressante (le nombre de romans concernés par la ligne éditoriale de « FemmeS du Monde magazine, en cettre grande rentrée littéraire étant tellement grand, que, même à y consacrer six numéros entiers n’auraient pas suffit pour les présenter tous, nous ne présentons, dans nos pages, que le « top » des ouvrages, concernant l’intérêt que nous leur avons trouvé). Même nous, qui ne nous sommes jamais trop senti concerné, non pas par le drame qu’est l’anorexie elle-même, mais par les ouvrages (romans ou récits) qui en faisaient leur sujet, les trouvant soit, trop dans le pathos, le larmoyant, soit trop « intime » – notre « non-goût » particulièrement prononcé pour les « histoires vécues » et les autofictions nous laissant, très généralement, loin de tels ouvrages -, avons été emporté, nous être senti proche de son héroïne, justement, grâce à ces trois voies de récit dont nous avons parlé plus haut.

Tout cela fait de « Les filles du 17 Swann street », un roman que nous recommandons fortement, non seulement parmi les sorties littéraires de cette grande rentrée, mais, tout simplement, d’entre tous les romans parus en 2019.

Note : 4,5/5 étoiles

Christian Estevez

Critique littéraire extraite du dossier spécial grande rentrée littéraire – 2/2/, du numéro d’octobre 2019 de « Femmes du Monde magazine »

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