Spécial Journée internationale des droits de l’enfant 2020 : « Bouche cousue », un documentaire donnant la parole eux enfants victimes de maltraitances.

Comme tous les ans, depuis 1989, ce 20 novembre est la journée internationale des droits de l’enfant.

A « FemmeS du Monde magazine » nous avons tenu à apporter notre contribution à ce qui est l’une des si peu nombreuses « journée internationale de… » existantes, en donnant notre avis sur le documentaire français « Bouche cousue », qui donne la parole aux enfants victimes de maltraitances parentales.

« Bouche cousue » est un documentaire français d’une heure, réalisé sur six mois, en 2019, par Karine Dusfour, dont c’est, ici, le onzième film documentaire de société. Si nous savions déjà que cette réalisatrice, depuis quelques années, se focalise sur tous les types de maltraitances dont sont victimes les femmes et les enfants, nous ne connaissions pas, par contre, la qualité de ceux-ci. De fait, lorsque nous avons constaté que c’est l’ancienne journaliste-présentatrice Melissa Theuriau qui a produit ce documentaire, par l’intermédiaire de sa société de production « 416 prod », nous avions, très honnêtement, hésité avant de visionner « Bouche cousue », la productrice étant capable, à nos yeux, du très bien comme du très mauvais (d’un point de vue « idéologique »). Mais bien nous en a pris, au final, de décider de regarder ce documentaire.

La force de « Bouche cousue » réside dans sa sobriété. Karine Dusfour a su se focaliser sur l’essentiel, à savoir : véritablement donner la parole aux enfants victimes de maltraitances de la part de leurs parents, épargnant le public de quantité de chiffres et statistiques (seuls quatre informations chiffrées apparaissent quelques secondes chacune sur les soixante minutes que dure ce documentaire). Pas d’intervention de la part de la réalisatrice ou d’une quelconque personne chargée d’interviewer. Rien que les victimes qui témoignent.

Deux types de témoignages s’alternent dans « Bouche cousue ». D’une part, les enfants – des fois déjà proche de l’âge adulte -, dans le cadre du bureau du juge pour enfant Edouard Durand, dans l’enceinte du tribunal de Bobigny (région Île de France), ou celui-ci ne ce contente pas de recevoir les enfants victimes, les « encadrants » des services sociaux et les parents, mais a une qualité d’écoute, d’attention envers ces enfants abusés, très impressionnante, d’autant que, comme tout type de victime, ces enfants ont beaucoup de mal à franchir le pas de l’expression de leurs souffrances par la parole. D’autre part, trois témoignages d’adultes ayant été des enfants maltraités par leurs parents montrant qu’il n’existe aucun « profil type » des enfants violentés, puisque témoignent aussi bien un jeune homme n’ayant, visiblement, pas de « situation » qu’une femme médecin, qui fut victime de son père directeur d’établissement scolaire, et jusqu’au célèbre présentateur, animateur vedette de la télévision française, Thierry Beccaro (connu pour avoir animé « Motus » pendant 29 ans , mais aussi « Matin-bonheur »), qui avait témoigné, quelques semaines avant le tournage du documentaire « bouche cousue » de la maltraitance subie de part son père durant toute son enfance et jusqu’à l’âge de 17 ans, dans une interview accordée au média « Brut ».

Si l’on ne peut rester indifférent à l’écoute de toutes ces victimes, la réalisatrice de « bouche cousue » a décidé de prendre le parti de l’espoir, que ce soit par les trois témoignages des adultes, permettant de montrer que la résilience est possible (sans, toute fois, effacer les souffrances du passé), mais aussi par son choix de la dernière mineure à parler, dans le bureau du juge Durand.

Cette orientation optimiste prise par Karine Dusfour est, non seulement, salutaire mais, aussi, à saluer, car, en effet, s’il est primordial de faire une vraie place à la parole des victimes de maltraitances parentales, c’est bien, finalement, pour que la société accepte et prenne pleinement conscience des drames qui se déroulent dans les familles, afin que, au bout du compte, ces actes sont de moins en moins fréquents et que, bien qu’il soit évident qu’ils ne cesseront jamais totalement, les enfants qui les ont subi puissent, tout de même, devenir des adultes accomplis et ne reproduisant, surtout pas, les atrocités connues durant leur enfance.

Christian Estevez

N.B. : Au jour où nous rédigeons notre article, le documentaire « bouche cousue » est encore à venir dans la grille des programmes de France 2, en date du 18 novembre. Mais, la rédaction de ce présent article étant prévu pour une mise en ligne le jour-même du 20 novembre – date de la journée internationale des droits de l’enfant, il ne sera plus possible de voir ledit documentaire « en direct ». Cependant, « bouche cousue » sera visible, totalement gratuitement, sur le site de France 2, jusqu’au 25 novembre 2020 (nous ajouterons le lien direct vers la page du site où se trouvera le documentaire juste avant la mise en ligne de notre article).

https://www.france.tv/la1ere/guyane/infrarouge/2066553-bouche-cousue.html

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