Cinéma – sortie salle internationale : « Friendsgiving », une comédie douce-amère pour Thanksgiving.

Sortie ce 23 novembre aux USA et aujourd’hui, 26 novembre, jour de la traditionnelle fête de Thanksgiving, dans la majeure partie des pays ayant le bonheur que leurs salles de cinéma soient ouvertes (certains autre pays bénéficiant d’une mise en ligne sur les plateformes vidéos, comme c’est le cas de la France), « Friendsgiving » (pitoyablement intitulé « Amis et ennemis » en français – raison pour laquelle vous ne verrez plus ce titre apparaître dans notre article), lance la carrière, entant que réalisatrice, de la comédienne Nicol Paone.

Reçu à la rédaction de « FemmeS du Monde magazine », il y a une semaine, nous l’avons regardé pour vous et vous en donnons notre avis dans ce présent article.

Synopsis

Abby se réjouit de passer une soirée de Thanksgiving calme autour d’une délicieuse dinde en compagnie de sa meilleure amie, Molly. Mais ce bonheur simple sera de courte durée quand les jeunes femmes voient débouler au dîner le nouveau petit ami de Molly et sa flamboyante mère…

Malgré (ou, justement, « à cause ») de la pandémie de COVID-19 qui assombrit le monde depuis déjà de si nombreux mois, le film «Friendsgiving », spécialement calibré pour ce qui constitue la fête la plus importante de l’année, aux USA (plus que celle de noël, même, pour beaucoup d’états-uniens), qu’est Thanksgiving, est bien sortie dans les salles, non seulement des États-Unis d’Amérique, mais également dans tous les pays pouvant le diffuser – s’arrangeant même avec les plateformes vidéos, spécialement des pays dont les salles obscures sont fermées, afin de le proposer à un maximum de personnes dans le monde (il faut dire que la propagande mondialiste – outil le plus puissant que l’ultra-libéralisme n’ai jamais eu entre ses mains pour se faire de l’argent – elle, ne connait ni pandémie ni crise et n’a donc aucune raison de stopper son formatage de cerveaux à faire de cette coutume qui ne concerne que les USA, une « occasion de fête » – comprendre « une occasion de vider son compte en banque au profit des GAFA »).

Cette mise au point sur les motivations réelles de faire de Thanksgiving une fête mondiale étant dite, venons en au film « Friendsgiving » par lui-même.

Premier film de l’actrice Nicol Paone (actuellement à l’affiche dans le film « Chick fight » – sorti ce 13 novembre aux USA -, également présente dans les castings de films connus comme « 40 ans : mode d’emploi » (2012), « L’oeil du mal » (2008), ou encore « Les femmes de ses rêves »), « Friendsgiving » est, à plus d’un titre, un « film de copains », puisque, comme son titre le fait aisément comprendre, l’histoire est celle d’un thanksgiving entre amis, mais aussi du fait de son générique. En effet, c’est l’actrice Malin Akerman, principale interprète féminine de « Les femmes de ses rêves » (cité ci-avant), qui tient le haut de l’affiche de « Friendsgiving », et que celle-ci et Ben Stiller – acteur principal du même « Les femmes de ses rêves » – sont deux des cinq producteurs de de « Friendsgiving ». En plus de cela, l’actrice Christine Taylor (épouse, dans la vie, de Ben Stiller) fait également partie du générique de ce film que Nicol Paone a écrit, en plus de le réalisé.

Malin Akerman, Kat Dennings, Jane Saymour : le « trio star » de « Friendsgiving »

Les liens hors caméra entre les différentes parties de l’équipe de « Friendsgiving » semble avoir été bénéfiques à ce film qui, s’il ne deviendra, assurément, pas un classique du 7ème art, s’en sort de manière tout ce qu’il y a de plus honnête. Bien sûr, d’autres ingrédients à ce « repas de fête cinématographique » contribuent grandement à ce que la sauce prenne si bien ! Parmi ceux-ci, nous en citerons cinq.

Tout d’abord (il est essentiel de commencer par cela tant, d’une part, vous comprendrez en lisant que c’est tout ce qui nous a profondément énervé dans ce film, d’autant qu’il constitue « le fond » de l’histoire) il y a le discours « progressiste » devenu label obligatoire pour le public qui y a été conditionné depuis des années, et qui réside dans la mise en avant de ce si beau féministe nous disant que toutes les femmes sont, en fait, exceptionnelles tandis que les hommes, lorsqu’ils ne sont pas des salopards de prédateurs sexuels et/ou maris infidèles, ne sont, au mieux, plus que des « bouche-trous » sexuels et affectifs, car peu intelligents, médiocres en tout (pas un seul des cinq hommes du casting – qui se compose de onze actrices ayant un rôle notable -, n’est placé comme égal de la femme, puisqu’il y a : le nouveau mec de l’héroïne qui est un très bon coup au lit et sachant faire la cuisine mais vivant au crochet des femmes et de la société en général – son « salaire » étant, comme il le dit lui-même, « la philanthropie » des personnes faisant des dons à son ONG qui lui va directement dans la poche pour ses besoins personnels – ; l’ex de l’héroïne qui, l’ayant largué avant qu’elle ne devienne une star du cinéma, s’invite à ce Thanksgiving dans le but de la reprendre ; le mari de l’une des deux grandes amies de l’héroïne qui fait une crise de jalousie à sa femme parce qu’elle s’est offerte une séance de « roulage de galoches » (« french kisses », pour notre lectorat qui n’aura pas de traduction correct automatiques de cette expression – NDLR) avec l’autre excellente amie lesbienne de l’héroïne, non pas parce qu’il est contre, mais parce qu’il n’est d’accord que s’il peut y participer ; un ami venu avec sa nouvelle compagne qu’il exhibe fièrement, dans un discours et un comportement de misogyne, parce qu’elle s’est faite « botoxée » et « siliconée à fond », ne pouvant pas vraiment parler mais ayant une paire de « loches » (propos du personnage masculin) d’enfer et qu’il ordonne à celle-ci de bien la mettre en avant devant tout le monde, fier de sa phallocratie ; le « brave ami homosexuel » révélé sur le tard, toujours à se plaindre de sa « pauvre vie » – particulièrement de la disparition de son frère ; et le « vieux beau », qui n’a rien d’autre à faire ou dire que de bien jouer le stéréotype de « vieux beau » qu’il est (ce qui, en passant, est tout de même, pour l’acteur Joe Lando, le plus grand rôle de sa carrière, qui avait commencée par un simple agent de police dans le film « Star Trek 4 : retour sur terre » et un livreur de pizzas dans « Je t’aime à te tuer »). La liste de ces hommes ne serait pas complète sans le principal…celui qui n’est pas là…puique « futur ex mari » de l’héroïne qu’elle a quitté parce qu’il a été coucher ailleurs ! Reste le bébé de l’héroïne qui, lui, bien sûr, sera sauvé de cette tare d’être un homme blanc hétérosexuel, puisqu’il sera si magnifiquement entouré des soins d’une mère enfin libérée du diktat des hommes (en ne faisant, ni plus ni moins, elle-même, que ce qu’elle a à leur reprocher…), des deux meilleures amies de sa maman : une lesbienne révélée à trente ans et une bi-sexuelle mariée avec enfants (qui fait une magnifique tirade féministe à sa propre fille de 5 ou 6 ans), et une grand-mère qui, « méchante » car ne pouvant vivre sans hommes qu’elle épouse…et de « coups », devient d’autant plus une « bonne mère » pour l’héroïne, intégrant l’importance de la sororité qui règne entre toutes les autres femmes du film (dont 3 venues pour « tenter leur chance » auprès de l’excellente amie lesbienne récemment quittée, elle aussi).

Autre grand atout de ce film (cette fois-ci, que nous considérons sincèrement comme tel), l’excellente interprétation de la grande Jane Seymour, ici à des années lumières du rôle «gentillet » qui a fait principalement sa gloire, de « Docteur Quinn, femme médecin », mais qui, au moins en ce qui concerne le physique, fait « honneur » à son statut immortel de « James Bond girl » dans « Vivre et laisser mourir » (1973), dans le rôle de la « mauvaise mère indigne » de l’héroïne, femme fatale bien que quasi septuagénaire (elle fêtera ses 70 ans en février prochain), très ouvertement sexuée, avec le vocabulaire qui va avec, et dragueuse de « petits jeunes de moins de 40 ans », grande consommatrice de maris (au moment de ce repas de Thanksgiving elle en est à son cinquième « faisant aussi bien qu’Elizabeth Taylor », comme elle le précise fièrement, à un moment). C’est vraiment cette Jane Seymour qui apporte la vraie fraîcheur, voire la jeunesse, dans ce film.

Jane Seymour, la grande vitalité du film « Friendsgiving »

Les petites phrases, placées juste où il faut, et les quelques sous-entendus se moquant de cette société bobo que constitue les participants à ce Thanksgiving un peu particulier (puisque, selon la tradition, cette fête originellement religieuse – « Thanksgiving » se traduisant par « Action de Grâce », puisqu’il s’agit d’une fête créée par les fameux « puritains » débarqués du « May Flower » pour remercier le dieu de la bible de leur avoir donné cette terre qu’est l’Amérique, pour pouvoir en faire son royaume -, se pratique en famille et non entre amis). Nous ont particulièrement bien plu, dans cela, la distinction que fait l’héroïne entre les plats, dans la cuisine, entre « totalement vegan », « peut-être vegan », « simplement végétarien »…le reste étant « bon à manger », où encore la façon de montrer le ridicule de d’auto-proclamer « chamane » (en fait, celle qui le fait exige qu’on dise qu’elle est « chamanesse » et non pas « chamane »), du jour au lendemain, par lubie, et en ayant suivit sa formation, probablement, en consultant des sites internet.

Ajoutons à cette recette de réussite du film son inévitable vocabulaire grossier basé spécialement sur le sexe, ses allusions par des simulations de masturbation et de fellation, de la part de personnages féminins, sa scène de conversation entre les trois grandes amies à propos de la sodomie, qu’elles aiment mais n’osent pas demander à leurs partenaires, et jusqu’à la scène de sexe sado-maso « femdom » (« female domination » – « domination féminine », en français) sur laquelle s’ouvre le film. Car, oui, tous les bobos sont toujours très soucieux d’être « bon ton » en société mais adorent, dans « l’intimité », « s’encanailler » avec tout ce qui touche au sexe et son expression orale la plus grossière possible, se donnant, en fait, une si bonne conscience de ne pas être des « bien-pensants » – seul lien qu’il partagent avec les autres couches sociales qui, elles, aiment ces références au sexe et au vocabulaire grossier, tout simplement parce qu’ils en ont raz le bol de cette société ouvertement bigote bien-pensante (et dont nous faisons, en toute honnêteté, partie).

« Friendsgiving », un « film de copains » à voir même seul.

« Friendsgiving » est donc, pour de bonnes raisons, un film qu’il serait dommage de bouder, sous prétexte de refus de la normalisation mondialiste libéro-mercantile (que nous dénonçons nous-même à chaque fois que l’occasion nous est donnée) par la pratique de Thanksgiving. C’est, même, malgré son affreux discours de fond féministe misandre – dont, en réalité, très peu de personnes ne prendrons conscience (ce qui est bien le pire, nous le reconnaissons) un film qui arrive à faire rire et, en cette dure période, cela est primordial.

Christian Estevez

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