Pakistan : Accusée de blasphème contre « Mahomet », une infirmière chrétienne se fait tabasser par ses collègues musulmanes et risque la peine de mort.

Le 28 janvier dernier, dans une maternité de Karachi, au Pakistan, une infirmière chrétienne a été tabassée par ses collègues, l’accusant de blasphème, révèle France 24.

Tabitha Nazir Gill, une infirmière chrétienne, a été frappée par ses collègues dans une maternité de Karachi. Ces dernières l’accusaient d’avoir proféré des propos blasphématoires à l’égard de « Mahomet », prophète de l’islam. Elle risque désormais un procès et la peine de mort. Les images de l’agression ont été largement partagées pour dénoncer le sort des minorités religieuses au Pakistan, où l’islam est la religion d’État.

La rédaction des Observateurs de France 24 a pu s’entretenir avec “Francis” (pseudonyme), un proche de la victime, présent à l’hôpital peu après l’altercation: “Tabitha a simplement dit à une patiente qu’elle prierait pour elle, alors qu’elle commençait son travail d’accouchement et que c’était son premier enfant. C’est comme ça que tout a commencé. Le personnel présent lui a bondi dessus. Elle a fait de son mieux pour se sauver, fuyant de salle en salle. Elle s’est ensuite enfermée dans une pièce mais ses collègues sont passés par une baie vitrée pour ouvrir la porte. Ils l’ont frappée et l’ont traînée du troisième au premier étage dans les escaliers”, dénonce-t-il.

Secourue par la police, elle a été brièvement arrêtée puis libérée. Le lendemain, ses accusateurs sont revenus à la charge et ont déposé plainte pour “blasphème”. Or, selon la loi nationale, “quiconque qui, par des mots, des représentations visibles, ou par toute insinuation, profane le nom sacré du saint prophète « Mahomet » sera puni de mort”.

Pour un avocat à Lahore, le contenu du rapport peut avoir été manipulé et le plaignant pourrait avoir modifié les faits, une pratique courante dans les affaires de blasphème. Au Pakistan, les minorités religieuses sont, en effet, régulièrement persécutées à l’appui des lois anti-blasphèmes.

Des ONG pointent toutefois du doigt certaines pratiques visant à exploiter cette disposition de la loi pour persécuter des minorités religieuses.

Kevin Negalo

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