Journée internationales des droits des femmes : « La marginalisation de la femme veuve en Afrique noire ».

Parce que, à « FemmeS du Monde magazine », nous refusons de faire de « la journée internationales des droits des femmes », du 8 mars, une « fête des femmes », comme la société libérale consumériste en a fait un jour de commerce, nous vous proposons, aujourd’hui, 8 mars 2021, un texte, poème en prose, rappelant la réalité de la vie des femmes veuves en Afrique, composé par Lellia Mbimbe, notre nouvelle correspondante au Cameroun.

Veuve en Afrique !

Plus qu’un mot de 5 mots parce qu’un mot qui connaît tous les maux.

En Afrique la vie d’une épouse après la mort de son époux est un film dont le scénario est écrit par la méchanceté, la jalousie, l’hypocrisie… La sorcellerie.

Les sourires d’hier deviennent les grincements de dents d’aujourd’hui, la belle-sœur préférée d’il y’a quelques heures encore devient l’assassine de son mari à l’instant fatidique.

Ce n’est pas un conte de griot, c’est notre réalité sociale sans écho, alors c’est avec les pleurs des veuves que même l’état ne peut plus consolés que j’écris pour les cœurs que la compassion n’a pas encore quitté.

Veuve de mon pays, veuve d’Afrique, toi qu’on tire par les cheveux, qu’on fait descendre du cheval, toi qui entre en cabale pour fuir les bals du diable et les balles de nuits qui font des victimes depuis la nuit des temps, toi aux seins desséchés dont le lait a servi à l’allaitement d’une famille… bantou, d’un clan, d’une tribu, toi à qui on attribue désormais tous les mauvais sort, toi qui au même titre que les grands de ce monde voit tes avoirs gelés, tes biens confisqués, tes enfants éloignés. Toi qu’aucune loi véritable ne protège, toi qu’aucun rite, aucune coutume, aucune réelle tradition ne considère les privilèges. Toi qu’on humilie, qu’on déshabille devant grands et enfants qu’on fait asseoir sur la terre pendant qu’on opère tes secrets, toi la discrète qu’on vulgarise, toi la suspecte qu’on criminalise, toi couleur ébène, belle d’antan, toi qui perd tout tes soutiens qui n’ont de regards que pour tes biens.

C’est bien toi qui a vécu avec nos pères, qui puisait de l’eau pour construire nos cases, qui donnait naissance sur des feuilles de bananiers, toi veillait sur ton mari jusqu’à son dernier souffle. Mais pourquoi souffres-tu tant, et dans le grand continent pourquoi ton cas est si délicat ?

Veuve de la ville, de la capitale, es-tu épargnée de la « veuverie » grâce à ton capital ?

Robes blanches ou pagnes de noces, robes noires ou bleues au féminin : « sévices atroces » .

Les baobabs sont témoins des histoires macabres, 40 % de veuves rejoignent leurs époux après 5 ans de veuvage , triste sondage.

Le pire après le meilleur, le vivre ensemble se trouve peut être ailleurs.

Lellia Mbimbe

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