Mort de l’écrivaine féministe égyptienne Nawal al-Saadawi.

Nawal al-Saadawi, 90 ans, figure égyptienne de l’émancipation des femmes dans le monde arabe, est décédée dimanche au Caire, a annoncé le journal d’État « Al-Ahram ».

Auteur deux livres féministes de référence, «Au début, il y avait la femme» et «La femme et le sexe», Nawal al-Saadawi a longtemps lutté pour les droits des femmes et contre le patriarcat dans le monde arabe.

Née en Égypte en 1931, écrivaine, médecin de formation, féministe de combat, Nawal al Saadawi a toute sa vie défendu un État de droit où la femme jouirait d’un statut de citoyen accompli.

Elle n’a jamais plié dans ses combats avec pour seule arme sa plume. Sa ténacité l’avait même conduite en prison du temps du président égyptien Anouar al Sadate lorsqu’elle s’est opposée à l’instauration du parti unique. elle ne retrouvera sa liberté qu’en 1982 lorsque Hosni Moubarek succède à Sadate. Cette incarcération donnera naissance à l’un de ses plus célèbres livres « Mémoires de la prison des femmes ».

Dans ses mémoire, parues en deux tomes, elle décrit sa vie comme une suite d’épreuves et de trahisons. Elle n’était pas pour autant malheureuse, le lecteur de ses mémoires ne manque pas de sentir les palpitations de son cœur, ceux de la vie qui bouillonnent en elle.

Les histoires les plus émouvantes que raconte Nawal al Saadawi ne la concernent pas elle, mais elles concernent toutes ces femmes dont elle a pris la défense. Ces femmes à qui les hommes imposent leur lois les réduisant à des êtres subalternes.

Médecin, elle a écrit plus d’une cinquantaine d’ouvrages dans lesquels elle se prononçait contre la polygamie, le port du voile, l’inégalité des droits de succession entre hommes et femmes en islam et surtout l’excision, qui concerne plus de 90 % des Égyptiennes.

Elle avait quitté l’Égypte en 1993, après avoir reçu des menaces d’islamistes, pour rejoindre les États-Unis. Elle a été écrivaine en résidence pendant trois ans à l’université Duke, en Caroline du Nord.

De retour en Égypte en 2005, elle s’est lancée dans une campagne présidentielle avant d’abandonner la course, assurant que les forces de sécurité l’empêchaient de conduire ses meetings électoraux.

En 2007, l’institution théologique Al-Azhar, l’une des plus prestigieuses de l’islam sunnite, portait plainte contre elle pour atteinte à l’islam.

Elle a été critiquée en 2013 pour avoir soutenu la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par le général devenu président, Abdel Fattah al-Sissi.

Nawal al Saadawi a tiré sa révérence mais sa voix continuera à importuner les oppresseurs de femmes et tous ceux qui pensent imposer leur domination aux autres.

Kevin Negalo

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s