« Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient » : «Mères », de Myriam Bakir, Prix des Dionysiennes 2021.

Dans le cadre de la 16ème édition du PCMMO – Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient -, qui se déroule, en ligne et gratuitement, du 23 mars au 11 avril 2021, plusieurs compétitions ont lieu. Parmi elles, le « Prix des Dionysiennes », récompensant un film long métrage documentaire, par vote du public. Les votes ont été clos ce lundi 6 avril au soir, mais ce n’est que ce jeudi 8, en fin de journée, que le vainqueur a été annoncé. Il s’agit du film « Mères », de la réalisatrice franco-marocaine Myriam Bakir.

Ayant été informé dès mardi matin du résultat du « prix des Dionysiennes », nous avons bien respecté notre partenaire qu’est le festival « PCMMO », en ne publiant notre article que plusieurs heures après l’annonce officielle. Mais, pour « compenser », auprès de notre lectorat, nous avons décidé de vous proposer notre critique de ce documentaire, dans ce même article.

P.S. : lien pour le visionnage gratuit du documentaire « Mères » disponible à la fin de notre article (expire le dimanche 11 avril 2021 à 23h59).

Plusieurs compétitions ont eu lieu durant ce festival « PCMMO – Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient » 2021. Entre celles-ci, il y avait le « prix des Dionysiennes », dans lequel se trouvaient trois films long-métrages documentaire et dont le vainqueur était celui qui recueillait le plus de vote de la part du public, qui pouvait les visionner gratuitement, en ligne sur le site « Festival Scope » (une simple inscription gratuite, elle aussi, suffisait pour profiter de cette gratuité et de la possibilité de voter).

En cette année 2021, le prix des dionysiennes mettait en avant les femmes du Maroc et de nombreux enjeux qui traversent la société marocaine.

Les trois documentaires proposés étaient :

« El batalett, femmes de la Medina », de Dalila Ennadre.

Ce film fait le portrait de femmes qui vivent au cœur de l’ancienne Medina, dans le vieux quartier de Casablanca et au travers desquelles nous vivons les événements majeurs du Maroc de l’an 2000.

« Fadma, même les fourmis ont des ailes », de Jawad Rahlib.

Le documentaire nous montre la vie dans un petit douar du Haut Atlas marocain et, surtout, la profonde inégalité de l’exécution de la tâche le plus pénible qu’est de devoir aller puiser l’eau à la source, par une longue marche des femmes, avec bidons et enfants dans les bras. Beaucoup auront reconnu, ici, l’histoire du film de Radu Mihaileanu, « La source des femmes », sorti au cinéma en 2011, avec l’actrice Leïla Bekti dans le rôle principal.

« Mères », de Myriam Bakir.

Ce long-métrage documentaire nous plonge dans le quotidien de l’association Oum el Banine, située à Agadir, qui vient en aide à toutes les femmes/jeunes filles célibataires qui tombent enceinte, dans un Maroc où la loi – basée sur la religion – condamne à la prison toute femme ayant eu un enfant hors mariage.

C’est donc « Mères » qui, à juste titre, a remporté le plus de suffrage du public et est donc vainqueur du « Prix des dionysiennes » 2021. Cela est d’autant plus remarquable que, contrairement aux deux autres documentaires proposés, « Mères » n’avait pas fait autant de visionnage durant ce festival, pouvant encore être réservé sur le site jusqu’à la dernière heure alors que le nombre de liens de visionnage disponibles de ses deux « concurrents » étaient épuisés depuis longtemps.

Il faut dire que « Mères » est un documentaire particulièrement puissant et même émouvant sur le désarroi de ces femmes et même jeunes filles qui, enceintes sans être mariées, ne peuvent se réjouir de porter un enfant puisque cela est synonyme, pour elles, d’années passées derrière les barreaux d’une prison à cause d’une loi religieuse obscurantiste – comme toutes les religions n’ont toujours su qu’en produire -, et avec un avenir sans issue favorable puisque, en plus, cette société considère que toute femme ayant un rapport sexuel hors mariage devient, de facto, une prostituée, ce qui la condamne à l’ostracisation d’une société faux-jetonne et médisante jusqu’à l’extrême, faisant que, pas un patron ne prendra le risque d’employer ces femmes-là, pas plus qu’un propriétaire à leur louer le moindre lieu de vie.

« Mères » nous montre, aussi, qu’il y a, fort heureusement, des personnes assez humaines, éduquées, ouvertes, pour aider ces « filles-mères » afin de leur éviter le rejet et l’oppression de la loi et de la société.

Ainsi, si la réalisatrice Myriam Bakir nous montre la tristesse et détresse sans nom de ces femmes – mais tout autant du Maroc -, elle nous donne à voir que cette injustice subie à plus d’un titre n’est plus une fatalité et qu’il y a une lumière au bout de ce tunnel obscurantiste.

Nous ne saurions, donc, que trop vous inciter à voir, d’urgence, ce magnifique documentaire qu’est « Mères » !

Christian Estevez

N.B. : dans l’intitulé du prix, « dionysiennes » est écrit autrement, par le festival. Mais, parce que l’écriture dite « inclusive » n’est rien d’autre qu’une novlangue idéologique ne correspondant en rien en une amélioration de la langue française, ni de la visibilité des femmes, et que, en plus, est elle tout le contraire de « l’inclusivité », excluant les personnes souffrant de dyslexie, etc… et les aveugles, de sa compréhension, nous écrivons « dionysiennes » dans sa véritable orthographe, comme nous l’avons toujours fait et le feront toujours, « FemmeS du Monde magazine » se battant pour la réalité des faits et non pas pour quelque idéologie que ce soit.

Lien pour le visionnage gratuit du documentaire « Mères »

https://www.festivalscope.com/fr/film/meres-prix-des-dionysien-ne-s/

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