Vjosa Osmani élue présidente du Kosovo.

A seulement 38 ans, Vjosa Osmani, la personnalité politique la plus populaire du Kosovo, a été élue présidente, dimanche dernier, par les députés, consacrant l’arrivée aux commandes d’une classe politique d’une nouvelle génération déterminée à en finir avec la corruption.

Symbole d’une nouvelle génération politique, la juriste réformiste a été choisie par le parlement pour représenter le pays dimanche 4 avril dernier, avec une majorité simple de 71 voix sur 120 députés.

Les législatives de février avaient fini d’entériner la chute de la vieille garde des anciens commandants indépendantistes de la guerre contre les forces serbes (1998-99).

Le mouvement réformiste de gauche Vetëvendosje (VV) du nouveau Premier ministre Albin Kurti allié à Vjosa Osmani, juriste de 38 ans, avait obtenu une écrasante victoire en promettant d’éradiquer la captation des ressources de l’État dans le territoire rongé par la pauvreté et l’instabilité politique.

Deux semaines après l’intronisation, par le Parlement, du gouvernement d’Albin Kurti, Vjosa Osmani a recueilli une majorité simple de 71 voix sur 120 députés au troisième tour de scrutin.

Une victoire restée incertaine jusqu’au dernier moment du fait du boycott de la séance parlementaire par des partis d’opposition.

«Je constate que l’Assemblée de la République du Kosovo a élu Mme Vjosa Osmani-Sadriu comme présidente de la République», a déclaré le président du Parlement Glauk Konjufca.

Réuni initialement samedi, le Parlement avait dû suspendre les opérations jusqu’au lendemain, le quorum de 80 députés nécessaires pour valider l’élection de la présidente n’ayant pas été réuni.

Des partis d’opposition, en particulier les formations des anciens guérilleros de la guerre d’indépendance, ont boycotté les opérations. Les représentants de la minorité serbe ont fait de même.

Aux termes de la Constitution, une absence de quorum aurait provoqué de nouvelles législatives anticipées, les sixièmes depuis l’indépendance déclarée en 2008.

Aux législatives, Mme Osmani avait recueilli sur son seul nom 300 000 voix, un score qui frôle celui obtenu jadis par l’ancien président Ibrahim Rugova, considéré comme le père de la nation kosovare.

La professeure de droit a occupé quelques mois la présidence par intérim en remplacement de Hashim Thaçi, inculpé pour crimes de guerre en novembre par la justice internationale.

La nouvelle équipe aura fort à faire dans un Kosovo miné par les maux économiques et sociaux, où le salaire moyen est de 500 euros et où les jeunes, confrontés à un taux de chômage de 50%, cherchent massivement leur salut dans l’émigration en Suisse ou en Allemagne.

Albin Kurti et Vjosa Osmani ont promis la «justice et des emplois» mais aussi d’intensifier les efforts pour obtenir des vaccins contre la pandémie du coronavirus qui a fait plus de 1900 morts et submerge des services de santé fragiles.

Le nouveau pouvoir sera soumis aux pressions renouvelées de l’Union européenne et des États-Unis d’Amérique, le plus grand allié du Kosovo, pour relancer le dialogue avec la Serbie.

Les pourparlers patinent alors que Belgrade n’a toujours pas reconnu l’indépendance de son ancienne province, source majeure de tensions dans les Balkans.

Kevin Negalo

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