Société – Droits des femmes : Selon un rapport de l’ONU, dans 57 pays du monde, une femme sur deux est privée du droit à disposer de son corps.

Dans 57 pays du monde, la moitié des femmes ne disposent pas de la liberté de disposer de leur corps. C’est ce que révèle un rapport de l’ONU publié ce mercredi 14 avril dernier.

Dans 57 pays du monde, près d’une femme sur deux est privée des libertés liées à son corps, qu’il s’agisse de relations sexuelles, du recours à la contraception ou de la recherche de soins de santé, affirme un rapport de l’ONU publié ce mercredi. Les auteurs de ce document annuel sur l’état de la population mondiale, réalisé par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), se sont penchés pour la première fois sur l’autonomie corporelle des femmes.

Des résultats effrayants. Dans un rapport publié ce mercredi et intitulé « Mon corps m’appartient », l’ONU alerte. Dans 57 pays en développement, près d’une femme sur deux (45%) est privée des libertés liées à son corps. Pour arriver à un tel résultat, les chercheurs du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) ont créé un indicateur d’autonomie corporelle des femmes, décliné en trois axes : la capacité à refuser les relations sexuelles, la capacité de décision en matière de contraception et la capacité de décision en matière de santé. Concrètement, le rapport retrace les atteintes aux droits des femmes dans une cinquantaine de pays en développement, notamment en Afrique, du viol à la stérilisation forcée en passant par l’imposition de tests de virginité et de mutilations génitales.

Le rapport recense 20 pays ou territoires ayant établi des lois permettant à un violeur de se marier avec sa victime afin d’échapper à des poursuites judiciaires et 43 États n’ayant pas de législation sur les viols entre conjoints. Plus de 30 pays imposent des restrictions aux mouvements des femmes hors de leur domicile, note aussi le rapport onusien.

L’Afrique est le continent le plus concerné. « Quelques pays d’Asie et d’Amérique centrale sont également touchés. Mali, Niger et Sénégal sont particulièrement mis en cause : moins de 10% des femmes y prennent des décisions autonomes », note Le Parisien.

Ainsi, seules 55% des femmes dans les pays étudiés se disent « autonomes pour les trois composantes de l’indicateur ». Cela signifie qu’elles se trouvent pleinement en mesure de faire des choix en matière de santé et de contraception et d’accepter ou de refuser d’avoir un rapport sexuel. « Que près de la moitié des femmes ne puissent toujours pas prendre leurs propres décisions quant à l’opportunité d’avoir des relations sexuelles, d’utiliser la contraception ou de se faire soigner devrait tous nous scandaliser », assène la directrice de l’UNFPA, Natalia Kanem. Lorsque l’on regarde de plus près les chiffres, 91% des femmes interrogées estiment être en mesure de choisir leur contraception, mais seulement 75% d’entre elles estiment avoir la capacité de refuser des relations sexuelles ou de prendre des décisions pour leur santé.

Les données révèlent que la situation est très hétérogène en fonction des pays. 87% des femmes affirment pouvoir disposer de leur corps en Équateur, 81% aux Philippines et en Ukraine. Ce chiffre tombe à 66, 65 et 61% respectivement en Afrique du Sud, Arménie et Jordanie. C’est au Mali (8%), au Sénégal (7%) et au Niger (7%) que la situation est la plus inquiétante. Seules 19% des femmes sénégalaises se disent en mesure de refuser une relation sexuelle.

En résumé, des centaines de millions de femmes et de filles n’ont pas de liberté sur leur propre corps. Leur vie est gouvernée par les autres », note le rapport des Nations Unies. « Ce manque d’autonomie corporelle a des implications massives au-delà des préjudices profonds pour les femmes et les filles » comme sur « la baisse potentielle de la productivité économique, une diminution des compétences et des coûts supplémentaires pour les systèmes de santé et judiciaires », souligne-t-il encore.

Selon les chercheurs, plusieurs facteurs expliquent ces résultats, de l’éducation au contexte socio-économique en passant par le cercle de relations et la qualité du système de santé. À ce titre, il est important de noter que seuls 71% des pays analysés garantissent l’accès aux soins de maternité de manière générale et 75% disposent de lois assurant un accès équitable et sans restriction à la contraception.

Kevin Negalo

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