France : la sénatrice « Europe Ecologie », Esther Benbassa, accusée de harcèlement.

Esther Benbassa, vice-présidente du groupe écologiste au Sénat, est accusée de harcèlement par plusieurs anciens collaborateurs qui témoignent du climat de « terreur » instauré par la sénatrice.

Plusieurs témoignages publiés par Mediapart accusent la sénatrice qui s’est mise en retrait du groupe écologiste du Sénat

La sénatrice Europe Ecologie-Les-Verts (EELV) Esther Benbassa, est accusée de harcèlement par des collaborateurs cités dans une enquête de Mediapart. Une affaire qui a poussé son groupe au Sénat à se réunir jeudi 8 juillet, dans la soirée. L’élue, elle, dénonce « une enquête à charge » et présente « [s]es excuses » aux personnes qu’elle a « pu blesser ».

Dans son enquête, le média en ligne rapporte les témoignages de huit anciens collaborateurs et six anciens étudiants que l’élue employait à l’École Pratique des Hautes Études. Tous évoquent un climat de « terreur » instauré par la sénatrice, fait de pressions, de chantage à l’emploi et d’humiliations systématiques, souvent à l’occasion d’e-mails, individuels ou collectifs, et de SMS consultés et retranscrits en partie par Mediapart.

« Il y a du ressenti, je le respecte, mais cet article est à charge », a déclaré Esther Benbassa à l’Agence France-Presse.

Une ancienne collaboratrice l’accuse en particulier d’avoir tenté de lui faire reporter une opération médicale importante aux poumons sous prétexte d’un agenda politique chargé au moment de la réforme des retraites, en 2020. Un autre lui reproche d’avoir fait pression pour qu’il vienne travailler au cabinet en plein confinement et alors même que les règles du Sénat spécifiaient que la présence sur place ne devait être qu’exceptionnelle.

Selon ces témoignages, la sénatrice d’Europe Écologie Les Verts (EELV) fait subir des menaces au licenciement, des humiliations et des reproches constants à ses collaborateurs. L’élue, dépeinte comme une personne colérique aux propos violents, s’adresse à ses collaborateurs en ces termes : « Vous avez tous les défauts des chercheurs de pays dits émergents », « Chaque chose que vous faites devient un fardeau pour moi. (…) Je désespère ». Ou encore : « Comme vous, y en a des dizaines ! Des dizaines qui ne savent pas écrire une lettre et qui n’ont pas leur place au Sénat. » Agacée par la réponse, pourtant courtoise, d’une collaboratrice, Esther Benbassa se fend même d’une attaque étonnante pour une femme de gauche : « Ne me donnez pas des réponses de syndicaliste. »

Dans les documents et échanges rendus publics par Mediapart, la sénatrice semble également manquer d’une humanité élémentaire. Au décès du père d’une de ses collaboratrices, la sénatrice répond par exemple : « Je comprends et je suis très triste, mais moi je n’ai personne au bureau à part Anaïs* puisque Asma est en congé maladie. Je n’ai même pas quelqu’un pour me préparer mon dossier pour l’hémicycle. Vous auriez dû m’avertir ce matin pour que je m’organise (…) Bon courage. » Interrogée par Mediapart, Esther Benbassa, qui reconnaît des « moments de colère », mais répète n’avoir aucun souvenir de ces altercations. « Quand ils écrivent correctement ça va, sinon je les corrige. Je leur fais des remarques c’est vrai, mais je ne les dénigre pas », assure-t-elle à Mediapart.

Conséquence de cette gestion, le turnover parmi les collaborateurs a été très important, puisque plus de dix-huit assistants parlementaires ont été employés en deux mandats, décompte Mediapart. « J’ai pu moi-même commettre des erreurs, sans parfois m’en rendre compte. On me dit humaine, voire chaleureuse, mais je sais qu’il m’arrive aussi d’être directe. Je ne suis pas à l’abri de mouvements d’humeur », confesse la sénatrice dans un communiqué publié jeudi soir.

« Mais, si je suis exigeante, je suis également soucieuse de valoriser le travail et les efforts de mes collaborateurs et collaboratrices », ajoute-t-elle, présentant ses « excuses » à « ceux et à celles qu[’elle avait] pu blesser ». Elle conteste « avoir sciemment et délibérément choisi de mettre la santé de [s]es salariées en danger ».

« Le groupe « Écologistes Solidarité et Territoires » prend toute la mesure des accusations portées à l’encontre d’Esther Benbassa. Les témoignages rapportés sont graves », a réagi sur Twitter le groupe des sénateurs écologistes, qui a précisé que le groupe « se réuni[rait jeudi] pour prendre toutes les mesures qui s’imposent ».

Dans un communiqué de « soutien aux victimes de harcèlement », le syndicat CGT des collaborateurs parlementaires a souligné que « la profession, du fait de son lien avec la politique et les rapports de pouvoir, [était] bien souvent trop entachée par ce type de violence »

Kevin Negalo

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