Palmarès de Cannes, quasi intégralement à l’honneur des femmes, à l’image de sa palme d’or, décernée à la réalisatrice, Julia Ducournau, avec son film « Titane ».

Ce samedi 17 juillet a eu lieu la cérémonie de remise des prix du 74ème festival de cinéma international de Cannes. Outre le fait que l’on se souviendra de cette cérémonie pour son énorme cafouillage, elle restera dans les mémoires pour son palmarès récompensant, des réalisatrices et/ou des films ayant une femme pour personnage principal, dans toutes les catégories.

« FemmeS du Monde magazine » vous dévoile donc, dans cet article, le palmarès féminin de ce festival de Cannes 2021.

C’est un palmarès mémorable pour l’univers féminin du cinéma et, plus important, à juste titre (ce qui est loin d’être souvent le cas des autres palmarès pratiquant un « féminisme idéologique »), que celui de ce 74ème festival du cinéma international de Cannes, dont le président du jury, Spike Lee, a gaffé en annonçant, d’emblée, le nom du réalisateur – qui, pour le coup, est une réalisatrice -, dès le début de la cérémonie et qui a été le prémisse à un remise de prix laborieuse de part tant de cafouillage, puisque, pour les dix catégories pouvant récompenser une femme, que ce soit entant que réalisatrice, qu’actrice, où dont l’histoire met en avant une femme comme interprète principale, ce sont justement elles qui ont été récompensées, dont deux ex-æquo avec des films réalisés par des hommes et ayant un homme pour héros.

Et c’est donc le film choc de Julia Ducournau, « Titane », porté par Vincent Lindon, un homme qui part à la recherche de son fils disparu il y a dix ans, alors qu’une terrible tueuse en série sévit, qui, durant sa projection officielle, a provoqué nombre de nombreux vomissements et malaises de la part de spectateurs, qui devient la 74ème palme d’or du festival de Cannes et, du coup, faisant de sa réalisatrice la seconde femme a recevoir la récompense suprême du festival de cinéma le plus suivi au monde, après Jane Campion, pour « La leçon de piano », en 1993. Très émue, malgré le fait qu’elle savait, depuis le début de la cérémonie, qu’elle était l’heureuse élue du prix suprême de la compétition cannoise, Julia Ducournau a déclaré : «Quand j’étais petite, c’était un rituel de regarder le palmarès avec mes parents. Je pensais que les films récompensés devaient être parfaits pour être sur cette scène. Mais je sais que mon film est imparfait. D’aucuns le disent monstrueux», a confié l’heureuse élue, au bord des larmes et sidérée. Et de mettre en garde : « La normalité est un leurre, la monstruosité permet de sortir des cases. Merci au jury d’avoir reconnu le besoin d’un monde inclusif et plus fluide. Merci aux jurés d’appeler à plus de diversité dans le cinéma et nos vies et de laisser rentrer les monstres».

En ce qui concerne le Prix d’interprétation féminine, il est revenu à la jeune actrice norvégienne encore peu connue par le grand public, Renate Reisnve, pour « Julie (en 12 chapitres) », réalisé par Joachim Trier, film parlant de la vie de Julie, de son entrée à la fac jusqu’à au-delà de ses trente ans, et qui, durant toute cette période, ne sait jamais à se fixer des choix plus de six mois.

N.B. : « Julie (en 12 chapitres) » est l’un des films 10 films que nous avons pu voir, parmi tous ceux sélectionnés pour la sélection officielle de cette année, et nous vous en proposerons une critique dans les jours prochains.

Pour ce qui est du Grand Prix, c’est une récompense de deux films ex-æquo, dont une qui nous concerne, puisque remis au réalisateur finlandais Juho Kuosmanen, pour son deuxième long-métrage, « Compartiment n°6 ». Un film mettant en scène les mésaventures d’une Finlandaise, bloquée à l’intérieur d’un train, mais dont une rencontre avec un étranger va bousculer la vie.

Récompensant, également, deux films ex-æquo, le Prix du Jury, dont « Memoria », réalisé par le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, déjà récompensé de la Palme d’or en 2010 pour « Oncle Boonmee ». « Memoria », nous narre l’histoire d’une femme cultivatrice d’orchidées qui rend visite à sa sœur malade. Elle se lie rapidement d’amitié avec une archéologue, mais est rapidement troublée par des bruits étranges qui la hantent chaque nuit.

Le prix de la mise en scène, la comédie musicale « Annette », du réalisateur français Leos Carax a réusit à convaincre le jury, tandis que les avis sont très divisés de la part des professionnels et du public. Film d’ouverture de cette édition 2021, « Annette », avec Marion Cotillard et Adam Driver, porte en musique l’histoire d’une petite fille mystérieuse, enfant d’Henry, un comédien de scène, et Ann, cantatrice de renommée internationale.

« Drive my car », long-métrage d’une durée de trois heures, et basé sur la nouvelle de Haruki Murakami, se voit récompensé du Prix du scenario. Son réalisateur, Ryūsuke Hamaguchi, déjà connu des festivaliers de Cannes, en 2018 pour le très beau, Asako I & II. A noter que « Drive my car », « road-movie » qui raconte la rencontre d’un metteur en scène et de la jeune femme chargée de le conduire jusqu’à une certaine destination, était le principal « petit chouchou » de la croisette, cette année.

Du côté des autres compétitions, là encore, ce sont des femmes qui ont été récompensées.

En ce qui concerne le prix de la « Caméra d’Or » – récompense de la sélection « Quinzaine des réalisateurs », la « Caméra d’or – long-métrages » -, est revenue au film « Murina », réalisé par Antoneta Alamat Kusijanovic, réalisatrice originaire de Croatie, qui raconte l’histoire de Julija, une adolescente fougueuse, et Ante, son père autoritaire, qui vivent une existence tranquille mais isolée sur une île Croate. Mais, alors qu’Ante tente de négocier un accord qui pourrait changer leur vie, la visite d’un vieil ami de la famille fait émerger des tensions.

Le prix de la « Caméra d’Or – court-métrages », revient, lui, à la réalisatrice Hongkongaise Tang Yi, pour son film de quatorze minutes, « Tous les corbeaux du monde », qui raconte l’histoire de Shengnan, une lycéenne de 18 ans dont une aventure nocturne va la pousser à faire son entrée dans le monde adulte.

Toujours dans la catégorie « Court-métrages », un prix « mention spéciale du jury » a été attribué à la réalisatrice brésilienne Jasmin Tenucci pour « Le ciel du mois d’août », court-métrage qui s’intéresse à la vie d’une infirmière enceinte, qui se retrouve dans une église néo charismatique à Sao Paulo.

Le Grande Prix de la Semaine de la Critique, quant à lui, est attribué au très intelligent film d’Omar El Zohairy, intitulé « Feathers », qui nous raconte l’histoire d’une femme soumise qui va devoir assumer le rôle de chef de famille, suite à la transformation de son mari…en poule.

Pour finir, le prix de la compétition « Un certain regard » est revenu à la russe Kira Kovalenko pour son deuxième long-métrage, « Les Points Desserrés », drame qui présente l’histoire d’Ada, une jeune femme qui vit dans une ville minière en Ossétie du Nord et qui tente d’échapper à la mainmise étouffante de sa famille.

Christian Estevez

crédit photo : Valery Hache / AFP

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