8 internautes jugées pour des injures antisémites contre April Benayoum, première dauphine Miss France 2021.

Huit personnes, soupçonnées d’avoir déversé un flot d’injures antisémites contre April Benayoum, lors du concours Miss France 2021, sont jugées ce mercredi au tribunal correctionnel de Paris.

Première dauphine de Miss France 2021, April Benayoum sera présente sur le banc des parties civiles ce mercredi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Elle assistera au procès de huit personnes accusées d’avoir posté sur Twitter des insultes antisémites à son encontre.

Le soir du 19 décembre 2020 consacre April Benayoum première dauphine au concours de Miss France. Rassemblant près de 8 millions de téléspectateurs – confinement oblige -, la cérémonie est un succès, et la jeune étudiante en école de commerce, âgée de 22 ans, tout sourire.

Plusieurs heures après le sacre, la jeune femme, issue de Provence, a été la cible de messages à caractère antisémite sur Twitter. La raison : la prétendante à la couronne avait évoqué les origines israéliennes de son père au cours de l’émission. Signalés à la plateforme américaine Pharos et au procureur de la République de Paris, ils ont fait l’objet d’une enquête judiciaire.

Neuf mois plus tard, huit internautes doivent répondre ce mercredi 22 septembre « d’injure aggravée » devant la 17ème chambre du tribunal judiciaire de Paris.

Pour Me Muriel Ouaknine Melki, présidente de l’Organisation juive européenne (OJE) et avocate pénaliste, « cette affaire a eu pour effet de mettre sous le feu des projecteurs l’antisémitisme ordinaire subi au quotidien par quantité de citoyens Français de confession juive ». Son association, qui réunit une cinquantaine d’avocats, propose un soutien juridique et bénévole aux victimes d’actes antisémites. « On traite entre 80 et 100 dossiers par mois, et la part de dossiers liés à de la haine en ligne est de plus en plus importante », alerte l’avocate. Son association, qui a déposé plainte trois jours après les faits, n’est pas la seule à noter cette évolution.

Vivement critiqué pour son manque de modération le soir des faits, le réseau social a toutefois collaboré avec les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), chargés de l’enquête. Au total, 14 comptes Twitter ont fait l’objet d’investigations et huit suspects majeurs ont pu être identifiés par les policiers. Originaires de toute la France et âgés de 20 à 58 ans, ces quatre hommes et quatre femmes ont été placés en garde à vue au mois de mai dernier.

« Nous constatons que le racisme et la haine antisémite sont encore vivaces dans la société française, et qu’ils se répandent de façon décomplexée dans les réseaux sociaux. Nous demandons la fin de l’impunité sur Twitter, nous demandons la levée de l’anonymat sur les réseaux sociaux », réagissait le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) dans un communiqué publié le 29 décembre dernier.

Le quotidien « 20minutes » reprend les propos incriminés : « Comment on fait pour voter contre une miss ? Je vote contre la juive », a par exemple écrit Rayanne M., 23 ans. Ahmet I., 21 ans est lui renvoyé pour avoir qualifié la jeune femme de « chienne ». Une autre, Djamila T., la doyenne des prévenus, avait posté une image d’Adolf Hitler accompagné de ce tweet : « Moi quand j’ai entendu les origines de #MissProvence. » Renvoyés désormais devant le tribunal judiciaire, ils encourent une peine d’un an de prison et 45 000 euros d’amende.

Joseph Kouamé

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