l’ex-otage Sophie Pétronin activement recherchée par les autorités maliennes.

La travailleuse humanitaire française, Sophie Pétronin, qui avait été prise en otage au Mali et libérée au début du mois d’octobre 2020, est retournée dans le pays et est activement recherchée par les autorités maliennes.

La Française Sophie Petronin serait au Mali depuis le mois de mars, entrée illégalement par le Sénégal. Le gouvernement français a déploré «l’irresponsabilité» de l’ex-otage de 76 ans.

L’ex-otage, qui était restée quatre ans prisonnière d’un groupe djihadiste au Mali, serait de retour dans le pays quelques mois après. Un journaliste de Mediapart serait en contact direct avec elle. La Française serait arrivée en mars dernier et, faute de visa, serait passée par le Sénégal, pays limitrophe en prétextant y passer des vacances. Elle aurait ensuite traversé la frontière en bus pour rejoindre la capitale, Bamako.

La Direction générale de la gendarmerie malienne rechercherait activement Sophie Pétronin. C’est ce que révélerait un document diffusé dans la soirée du vendredi 29 octobre par des journalistes maliens et cité par l’agence Anadolu (dont nous avions, à la rédaction, lu le communiqué mais pas souhaité traiter l’informatin avant confirmation – ndlr). Pour une raison inconnue, les autorités du pays africain demanderaient à « toutes les unités de gendarmerie » de rechercher l’ancienne otage. La gendarmerie malienne aurait, ainsi, pour ordre d’ « appréhender et (de) conduire sous bonne escorte » la travailleuse humanitaire française à la « Direction générale de la gendarmerie nationale à Bamako ».

Sophie Pétronin aurait été vue pour la dernière fois près de Sikasso, au sud-est du pays. La zone est classée rouge par le ministère des Affaires étrangères français : les déplacements y sont « formellement déconseillés »

Humanitaire basée au Mali depuis 2001, Sophie Pétronin dirigeait une ONG pour aider les enfants souffrant de malnutrition. Après avoir échappé de peu à l’assaut d’indépendantistes en 2012, à l’occasion d’un coup d’État, elle est enlevée à Gao, le 24 décembre 2016 par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida. Sophie Pétronin est relâchée quatre ans plus tard, le 8 octobre 2020, avec d’autres otages.

Elle avait été libérée au début du mois d’octobre 2020 en échange d’une rançon. Sa libération avait fait polémique car la sexagénaire convertie à l’islam durant son emprisonnement avait été délivrée contre la libération par la France de près de 200 djihadistes.

Désormais libre, l’humanitaire annonce être devenue musulmane lors de sa captivité. « Vous dites Sophie, mais c’est Mariam que vous avez devant vous », affirme-t-elle devant les caméras. En revenant sur ses conditions de détention, elle estime que ça « se passait bien ». « Je me suis accrochée, j’ai tenu, j’ai beaucoup prié parce que j’avais beaucoup de temps, je me suis promenée, j’ai bien mangé, j’ai bien bu, de l’eau fraîche hein ! » Sophie Pétronin considère avoir « transformé la détention, si on peut dire, en retraite spirituelle ».

Elle défend aussi ses geôliers, réfutant le terme de « djihadistes ». Pour elle, ils sont « des groupes d’opposition armés au régime ». L’ex-otage souhaitait retourner au Mali pour revoir les enfants dont elle s’occupait. Son fils la prévient alors : « Attends-toi à ce que je cadre certaines choses, tu n’iras pas où tu veux ». Visiblement sans succès.

Peu de temps après son retour en France, la fondatrice de l’ONG Association d’aide, basée à Gao, avait fait part de son souhait de « revenir au Mali voir un peu ce qui se passe », là où se trouve son organisation d’aide aux enfants. Elle avait évoqué, comme le relayait Le Point : « Il faut quand même que j’aille jeter un œil et les saluer parce que j’ai pris cet engagement. Si vous prenez un engagement, allez au bout de votre engagement, sinon vous aurez perdu votre raison d’être sur cette terre. »

Ce mercredi 3 novembre , le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a confirmé l’information, et déploré «l’irresponsabilité» de l’ex-otage «vis-à-vis de sa sécurité à elle et de celle de nos militaires». «On a des soldats qui ont été tués dans des opérations de secours d’otages», a-t-il ajouté. Contactée par un correspondant de l’AFP, Sophie Pétronin s’est elle-même défendue: «Pourquoi irresponsable? Je suis chez moi ici», a-t-elle déclaré. Et d’ajouter : «Je me porte bien. Et je suis heureuse d’être là où je suis. Je n’embête personne et personne ne m’embête».

Joseph Kouamé

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