Une djihadiste tente de s’évader de la prison de Fresnes (France) !

Une tentative d’évasion d’une djihadiste a eu lieu a la prison de Fresnes, près de Paris. Une histoire digne d’un scénario de « prison break » !

Une détenue de 31 ans, radicalisée, qui est incarcérée depuis quatre ans pour avoir tenté de rejoindre le groupe État islamique (daesh) en Syrie, a tenté, ce dimanche matin de se s’évader de prison.

Le plan semblait parfait. Un trou creusé dans le mur depuis des jours en prenant soin de dissimuler les gravats sous le lit, du papier plaqué contre la paroi pour cacher l’accès qu’elle avait construit, une barre de fer pour soulever la plaque d’égout au niveau du chemin de ronde. Elle avait même pensé à placer des affaires dans son lit pour faire croire qu’elle était en train de dormir. Tout était prévu. Sauf l’étourderie.

En s’extirpant de sa cellule, dans la nuit de samedi 13 à dimanche 14 novembre, vers 4 heures du matin, cette détenue de Fresnes (Val-de-Marne) a oublié la fameuse barre de fer qui lui aurait peut-être permis de retrouver la liberté. Coincée, elle a fini par se rendre aux surveillants, au petit matin.

Elle avait jusqu’au 15 novembre pour s’évader, a-t-elle expliqué

Il n’est pas encore 7 heures ce dimanche quand, sur le chemin de ronde, la prisonnière se signale aux surveillants qui prennent la relève. Cela fait trois heures qu’elle est bloquée. Une autre source pénitentiaire évoque le détecteur de mouvements de la prison qui aurait donné l’alerte.

Avant de passer par le trou, la jeune femme, « mince et sportive », a laissé un courrier pour expliquer qu’elle avait jusqu’au 15 novembre pour s’échapper. Cela faisait deux mois qu’elle était enfermée dans cette cellule située au deuxième étage.

« Il a immédiatement été fait procéder à une vérification de toutes les cellules du quartier femmes pour s’assurer qu’il s’agissait bien d’une tentative isolée », précise l’administration pénitentiaire.

« L’établissement est vétuste. Les murs sont gorgés d’eau, s’effritent, donc ils peuvent se creuser très facilement et c’est ce qu’elle a fait de toute façon », fustige Yohan Kara, secrétaire général adjoint du syndicat « FO Justice » pour qui cette évasion est en partie due à de gros manques de moyens. « Sur Fresnes, ces miradors ne sont pas occupés et comme on a peu de personnel, les agents sont mobilisés sur de nombreuses missions en même temps », détaille-t-il. « Et effectivement, si on avait cette sécurité renforcée, on aurait pu détecter cette tentative d’évasion.

Cette tentative d’évasion relance en tout cas le débat sur la vétusté de la prison de Fresnes. Si la maison d’arrêt pour femmes date de 1987, elle n’offre apparemment pas toutes les garanties voulues. « Nous exigeons un audit sur la sécurité de l’établissement », tonne Cédric Boyer, du syndicat « FO pénitentiaire ». Et de réclamer notamment la remise en service des « deux miradors fermés » et des « effectifs supplémentaires ». Près de 1 600 détenues, réparties dans beaucoup de cellules individuelles, sont incarcérées à Fresnes.

Il y a trois semaines, malgré un recours du ministère de la Justice, le Conseil d’État a confirmé qu’il fallait bien réaliser de gros travaux dans les cours de promenade de la deuxième prison la plus peuplée de France. « 4,5 millions d’euros du budget 2022 sont prévus pour la sécurisation complète du domaine de Fresnes, rappelle l’administration pénitentiaire. Il s’agit de la plus grosse opération du plan de sécurisation de 100 millions d’euros voté pour l’année prochaine. »

Une « revenante » de Syrie

En attendant, après cette tentative d’évasion, la sous-direction anti-terroriste, saisie par le parquet national anti-terroriste, a placé la jeune femme en garde à vue. Si Douha M. ne fait pas parler d’elle à Fresnes, son profil est censé être particulièrement suivi. Cette détenue a été mise en examen en décembre 2017 pour avoir rejoint les rangs de l’état islamiste (daesh). Elle aurait été expulsée de Syrie vers la France où elle a été aussitôt placée en détention provisoire en attendant son jugement. En clair, c’est une « revenante ».

Une dizaine de femmes radicalisées seraient incarcérées à Fresnes. Et elles sont mélangées aux autres. Un quartier de prise en charge de la radicalisation doit être crée dans l’établissement pénitentiaire du Val-de-Marne à l’instar de celui qui vient d’ouvrir à Rennes (Ille-et-Vilaine).

Joseph Kouamé

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